samedi 01 novembre 2014 5 fans de A-ha sur le site 3.744.114 visiteurs depuis le 25/05/2000

biographie de a-ha
• A-ha ? Vous avez dit A-ha ? Lorsque nous avons entendu ce nom un peu bizarre pour la première fois, nous nous sommes tous demandés de quoi il s'agissait. Mais leur nom, qui claque comme un grand éclat de rire,était accompagné d'une chanson, " Take On Me ", qui devait aussitôt catapulter vers le succès trois garçons venus de Norvège, Morten Harket (Le chanteur du groupe, né le 14/09/1959), Paul Waaktar-Savoy (Le guitariste du groupe, né le 06/09/1961) et Magne Furuholmen (Le clavier du groupe, né le 01/11/1962).

• Mais ce serait une grossière erreur de résumer l'histoire de la fameuse formation norvégienne à un titre, aussi célèbre soit-il. Contrairement à ce que beaucoup pensent, les membres du groupe A-ha sont d’authentiques musiciens, avec un avant et un après " Take On Me ". Voici brièvement leur histoire et leur trajectoire qui prouvent que ce sont des artistes à part entière !

• Paul a 10 ans quand il fait la connaissance de Magne, d'un an son cadet. Celui-ci est un enfant assez réservé, encore très perturbé par la mort de son père, ex-musicien du groupe Bet Solve's, survenue deux ans plus tôt dans un accident d'avion. Il n'a qu'une passion, la musique, partagée entièrement avec Paul. Cela va les réunir et les lier pour toujours. Paul compose depuis longtemps déjà et nourrit de grandes ambitions. Il écrit de petits textes, accompagnés de musiques qu'il enregistre sur un magnétophone amateur. Il joue de la guitare, de la batterie et de la basse. Magne, quant à lui, gratte inlassablement sa guitare et s'initie au synthé sur un modèle bon marché. Ils ne possèdent pas des instruments d'une qualité exemplaire, mais qu'importe ! Leur seul but est de jouer, de s'entraîner et de se perfectionner. A tel point qu'en 1977, alors qu'ils sont encore adolescents, ils montent leur premier groupe baptisé " Spider Empire ".

• Au duo d'origine, ne tardent pas à se joindre d'autres musiciens, Viggo Bondi et Oysten Jevanord. Ils se rebaptisent " Bridges " et jouent sans compromission une musique intense inspirée de leurs idoles, les Doors.
Mais en 1981, l'enthousiasme au sein du groupe " Bridges " n'y est plus. Fatigués de cette carrière à pas de fourmi, Paul et Magne voient plus grand. Ils veulent à tout prix devenir d'excellents musiciens, les meilleurs, et devenir mondialement célèbres. C'est ainsi qu'ils décident de mettre un terme à " Bridges " pour réaliser leur plus chère ambition : partir tenter leur chance à Londres. " On en a bavé " se souviennent-ils, " et plus d'une fois on s'est privé de dîner ". C'est d'ailleurs par manque d'argent qu'ils se décident à rentrer à Oslo.

• Mais les deux compères ne s'avouent pas vaincus pour autant. Cette expérience leur a beaucoup appris sur la scène musicale anglaise. Forts de cet acquis, ils sont fermement décidés à regagner Londres dès qu'ils auront amassé à nouveau l'argent nécessaire. Leur premier objectif est cependant de trouver un chanteur pour leur groupe. Ils connaissent Morten Harket depuis quelque temps déjà. Il est le chanteur d'un groupe soul music, " Soldier Blue ". Ils se décident donc à convaincre Morten de les accompagner. " Souldier Blue " ne lui apportant plus entière satisfaction, ce dernier se laisse gagner par l'enthousiasme.

• A l'été 1982, ils s'installent loin de tout dans le bungalow de vacances des parents de Paul. Avec des sacs de couchage, quelques ustensiles de cuisine, des micros, des synthés et un magnétophone, ils ébauchent leur collaboration. Paul couche des idées sur le papier, Magne travaille les arrangements, Morten chante. Ils composent ainsi la première version de " Living a boy's adventure tale ". " Lesson one ", qui deviendra par la suite " Take on me ", prend forme à la même époque. Pendant tout l'été, nos trois norvégiens travaillent comme des fous.

• A l'arrivée de l'hiver, ils se décident alors à faire le grand plongeon. Après deux jours et deux nuits consacrés au mixage final de leur cassette, Paul et Morten s'embarquent sur le ferry le 2 Janvier 1983 à destination de l'Angleterre. Magne, plus sentimental que les autres, les rejoint une semaine plus tard le temps de dire au revoir à son amie Heidi. Peu de temps après leur arrivée à Londres en janvier 1983, Magne et Morten feuillettent le carnet de notes de Paul et tombent sur le titre d'une chanson de Jim Morrison (Les Doors) dont ils aiment la sonorité : " A-ha ". Pourquoi ne pas en faire le nom du groupe ? Une onomatopée dont les dictionnaires leur confirment qu'elle signifie, dans toutes les langues, l'étonnement, la surprise, le plaisir, le rire ou la satisfaction. Voilà comment A-ha est né, tout simplement…

• Après plusieurs allers et retours entre l'Angleterre et la Norvège, Ils font la connaissance de John Ratcliff et Terry Slater (Celui qui a découvert " Queen " et " Duran Duran "). Favorablement impressionnés par leur travail, ils deviennent leurs managers. Le groupe est entre de bonnes mains, et tout démarre très vite. C'est Andy Wickham, responsable de Warner Bros en Angleterre qui le premier s'offre à signer le groupe. Talonné par ses concurrents, il n'hésite pas à porter l'avance promise de 25 000 livres à 125 000 livres. En décembre 1983, A-ha vient enfin de trouver une maison de disques.

• L'album Huntinh High and Low voit finalement le jour, et le 45 T qui en est extrait, "Take on Me", est lancé sur le marché. Il passe complètement inaperçu ! Les garçons se désespèrent et la Warner s'impatiente. Un des dirigeants américains, Jeff Ayeroff, décide alors de s'en mêler. Convaincu du potentiel de A-ha, il leur donne la chance de remixer " Take on Me ". Il ne manque alors plus au groupe qu'une vidéo d'un genre nouveau pour accrocher le public. C'est chose magistralement faite grâce à l'astucieux Steve Barron. Ce mélange de fiction et de réalité est un vrai petit chef-d'œuvre et, dès sa sortie, le 45 T " Take on Me " se classe immédiatement dans le Top 20 américain.

• C'est au soir d'une dure journée, le 9 Octobre 1985, que la nouvelle tombe comme une bombe : A-ha est n° 1 aux Etats-Unis ! Et ce n'est qu'un début : " Take on Me " atteindra sans problème le sommet de tous les hit-parades européens. En France, la chanson se maintiendra vingt quatre semaines de suite au Top 50. En Février 1986, leur second 45 T, " The Sun Always Shines on TV ", se classe sans hésitation en tête des charts britanniques. Dans l'ensemble des pays européens, c'est le titre le plus programmé en radio pendant de nombreuses semaines. Il est temps désormais de préparer le second album. A-ha entre en studio à Londres en Avril 1986. Ils n'en sortent qu'en Mai, le temps d'un passage éclair au festival pop de Montreux (Suisse). Pendant qu'ils terminent l'enregistrement de leur album, Terry Slater met sur pied leur première tournée à travers le monde. A-ha s'attaque avec entrain aux répétitions de son prochain show. Bien qu'ils n'aient encore jamais joué en public, ils abordent l'épreuve en toute confiance. Pour s'être produits maintes fois sur scène du temps de leurs premiers groupes, Paul, Magne et Morten ne manquent pas d'expérience.

• C'est le 2 Juin 1986 à Perth en Australie que A-ha donne son premier concert (Depuis cette date jusqu'à 2002, le groupe aura donné 400 concerts au total dans le monde). La presse mondiale s'est déplacée en bloc pour assister à l'événement. Encore inconnu un an auparavant, le groupe a désormais des millions d'yeux braqués sur lui. Deux mille privilégiés assistent à cette première mondiale. Dès le premier morceau, " Train of Thought ", le délire gagne la salle entière. Tous acclament, dansent, applaudissent, en redemandent. Durant une heure, le groupe enchaîne quatorze morceaux, ceux de son premier album et quatre inédits de celui à venir. Il se révèle aussi efficace sur scène que sur vinyle. Morten tient le devant de la scène avec assurance et chante d'une voix puissante et remarquablement juste. Alors que nombreux étaient ceux à avoir parié sur le bide, A-ha réussit haut la main son examen de passage. Et ce n'est que la première étape d'une tournée de neuf mois (157 concerts) !

• Dans le même temps, le troisième single, " Hunting High and Low ", confirme A-ha comme l'un des groupes majeurs des années 80. Comme ses aînés, il se classe allègrement en tête des charts, et prouve que Paul, Magne et Morten ne sont pas le trio éphémère d'un seul tube. Leur premier album s'est vu couronner de platine dans de nombreux pays : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Etats-Unis, France, Suède et Suisse (Au total, 7.800.000 exemplaires vendus).

• En Juillet, Août et Septembre 1986, c'est au tour des Etats-Unis de recevoir A-ha en tournée. Là, comme plus tard au Japon et dans les différents pays d'Europe, ils remportent un large triomphe. En Novembre, la France ne fera pas exception. Les organisateurs, devant la ruée de fans, se voient même dans l'obligation d'ajouter des dates à celles initialement prévues. En Octobre, un quatrième 45 T, " I've Been Losing You ", précède de quelques mois la sortie de l'album " Scoundrel Days ". Il confirme tous les espoirs (Vendu à plus de 5.600.000 exemplaires). Toujours la même pop rock sensible et sophistiquée, empreinte d'un charme infaillible et d'une douce mélancolie. L'album est de même facture. " I've Been Losing You " et " Cry Wolf ", les deux premiers 45 T extraits de l'album, connaissent à leur tour les honneurs des hit-parades internationaux. A la suite d'une tournée éreintante de neuf mois, le groupe s'octroie enfin un repos bien mérité dans sa Norvège natale. A-ha est alors sollicité pour co-écrire, avec John Barry, la chanson du nouveau James Bond. Après des précédents aussi flatteurs que Paul McCartney et Duran Duran. Le résultat n'est autre que " The Living Daylights ", un disque que le trio ne classe pas à part dans sa carrière. " C'est une chanson de A-ha comme les autres, sauf que nous l'avons prêtée à un film. Nous sommes conscients d'avoir été choisis davantage en raison de nos chiffres de vente que de nos qualités musicales. Mais c'est sympa quand même ! ".

• Le groupe entreprend une nouvelle tournée française à l'été 1987. Cette fois, seule la partie méridionale de l'Hexagone est visitée. " Lors de notre dernière venue en France, nous avions été obligés d'annuler les dates prévues dans le Sud par manque de temps. Cet été, nous étions plus disponibles. Nous avons donc décidé de revenir. Nous aimons beaucoup jouer en France. "
Sur scène, A-ha joue entièrement sa musique. Avec le soutien d'un percussionniste qui n'est autre que le batteur de Bridges, le premier groupe de Paul et de Magne. " C'est très sympa de se retrouver. Ensemble, nous laissons plus de place à l'improvisation. C'est aussi plus excitant et plus amusant pour nous de jouer, et le public le ressent. "

• Dès Septembre 1987, le groupe entre en studio pour y concocter son nouvel et troisième album. Après avoir envisagé de l'enregistrer en Californie, c'est finalement l'Angleterre qui les voit de nouveau au travail. Avec la même équipe, dont Alan Tarney à la production. A l'époque, ils disent déjà de ce prochain album : " Il sera probablement plus gai et plein d'esprit. Nous le ferons aussi différent que possible des précédents. Nous essayons toujours de faire des chansons de style très varié sur chaque album. Les paroles du premier tournaient principalement autour de l'amour. Scoundrel Days était différent, plus politique. Il a changé l'idée que les gens se faisaient du groupe, et c'est important. Avec le premier disque, ils n'avaient qu'une vision fragmentée de la nature du groupe. Le second les a aidés à la cerner davantage. Le troisième devrait confirmer les impressions qu'ils ont tirées des deux autres. "

• En Juin 1988, le groupe A-ha présente son nouvel album, " Stay on The Roads ", au moment même où la tournée débute en Angleterre. Pour mettre en orbite ce cru 88, la ballade, qui donne son titre à l'album, sera illustrée par un clip aérien où transparaît la passion du groupe pour la moto. La chanson est classée troisième du Top 50 quand A-ha se présente devant le public français. Si les dates en province ne sont pas toute sold-out, le public, reste, cependant, acquis à la cause du trio norvégien. Celui-ci lui montrera sa reconnaissance en choisissant la côte normande pour venir tourner, en plein mois d'Août, la vidéo de " Touchy ". Au même moment, on commence à sentir un léger faiblissement dans la machine A-ha, essentiellement en Grande-Bretagne, où la " Brosmania " sévit depuis déjà un an (3.900.000 exemplaires vendus de l'album " Stay on these roads ")

• Au début de l'année 1989, le groupe quitte la scène pour se consacrer à l'enregistrement de son quatrième album à New York. Dans le même temps, " You are the One " est extrait de " Stay on These Roads ", avec un succès tout relatif (N° 21 en France). Interrogé au début de l'année 2002, Pal déclare d'ailleurs à ce propos avec beaucoup de recul : " Je regrette certaines chansons, You are the One par exemple, qui était un titre racoleur. (…) avec le clip également que je n'aimais pas ". Finalement, le nouvel album, " East of the sun, west of the moon " voit le jour en 1990 (2.300.000 exemplaires vendus). C'est un nouveau tournant pour le groupe qui se débarrasse avec cet album du public de " boys band " dont il ne voulait plus. De cet album, sortiront 3 singles : Tout d'abord " Crying in the rain " qui se classera 11ème en France (Single argent) et en Grande Betagne et 2ème en Allemagne. Puis en 1991 " I call your name " et " Early Morning " qui auront un maigre succès… Malgré tout, le groupe entreprend une tournée mondiale entre Janvier et Juin 1991 et remporte un large succès (11 concerts en France en Avril 1991).

• Toujours la même année, le groupe sort une compilation HEADLINES AND DEADLINES qui reprend les meilleurs tubes des 4 précédents albums (2.100.000 exemplaires vendus).

• En 1993, le groupe sort un nouvel album : " Memorial beach " (Seulement 722.000 exemplaiers vendus). Cette chute des ventes s'explique par le fait que le groupe a évolué musicalement depuis le 4ème album et que cela a dérouté bon nombre de fans. L'époque " Boys band " qui leur a collé si longtemps à la peau est définitivement révolue et cet album extraordinaire sur le plan musical le prouve amplement. De cet album sortiront néanmoins 3 singles qui sont passés complètement inaperçus en France (Mais pas en Angleterre, en Norvège ou en Allemagne) : " Move to Memphis ", " Dark is the night " et le superbe " Angel in the snow ". En 1993-1994, le groupe entreprend une nouvelle tournée (Angleterre, Pays-Bas, Danemark, Allemagne, Norvège, Liban et Afrique du Sud… Mais pas en France où le groupe n'a plus aucun succès…).

• Le 14 Mars 1994, le groupe sort un dernier 45 T, " Shapes that go together " écrit spécialement pour les jeux paraolympiques de LILLEHAMMER en Norvège, avant de se séparer. Pendant plusieurs années, A-ha va cesser d'exister, chacun des membres du groupe entreprenant une carrière solo :
- Morten Harket va sortir 3 albums solos : " Poetenes Evangelium ", " Wild seed " et " Vogts villa ".
- Paul Waaktaar-Savoy forme un nouveau groupe avec son épouse: SAVOY. Il va sortir 4 albums entre 1996 et 2001 : " Mary is coming ", " Lackluster me ", " Mountains of time " et " Reasons to stay indoors "
- Magne Furuholmen s'associe avec Kjetil Bjerkestrand avec qui il va notamment écrire des musiques de film. Pendant cette période, Magne s'adonne surtout à sa passion : la peinture.

• En fin d’année 1998, le groupe se reforme ponctuellement le temps d’interpréter une nouvelle chanson, " Summer Moved On ", à l’occasion de la remise du prix Nobel de la paix. C’est à ce moment là que Paul, Mags et Morten sentent qu’ils doivent refaire de la musique ensemble. En 2000 effectivement, le groupe se reforme et lance " Minor earth major sky " mais ne le distribue pas mondialement. La promotion étant quelque peu déficiente, l'album passe une nouvelle fois inaperçu en France. Par contre, l'album enregistre des ventes exceptionnelles en Europe (Allemagne, Norvège). Du coup, la machine A-ha retrouve son efficacité. Au total, 2.000.000 exemplaires vendus en Europe, ce qui démontre au passage que les vrais fans, qui ont mûri, n'ont pas oublié leur groupe fétiche. De plus, leur album est un pur chef d'œuvre, certainement l'un des meilleurs du groupe. Entre Novembre 2000 et Août 2001, le groupe entreprend avec succès une nouvelle tournée mondiale (japon, Allemagne, Russie, Norvège, Suisse et Danemark). Les 45 T issus de cet album sont " Minor earth major sky ", " Summer moved on " et "Velvet".

• En 2002, le groupe sort un nouvel album : " Lifelines ". Un disque dans la lignée de son prédécesseur : arrangements racés et somptueux aux parfums eighties, pop feutrée un brin nostalgique et sophistiquée, une pop pouvant évoquer par moments le côté félin funky de Bryan Ferry et flirtant parfois avec le dance. Hors temps, hors mode, le trio n'a rien perdu de son charme. Ce nouvel album cartonne partout en Europe car il est varié et très bien produit (Plusieurs producteurs ont participé à cet album. L'un d'eux, Stephen Hague, a travaillé avec Blur, New Order, Marc Almond…). A partir du 8 Juin 2002, le groupe entreprend une nouvelle tournée mondiale avec un passage très remarqué le 19 Juin 2002 au Casino de Paris ainsi que le 7 Octobre 2002 pour un concert exceptionnel au Zénith de Paris.

• Durant cette tournée 2002 (42 concerts dans 21 pays différents), le groupe A-ha aura été surpris par l’accueil enthousiaste du public. Un véritable succès ! Du coup, pour la première fois de sa carrière, A-ha décide de sortir le 24 mars 2003 (Le 25 mars en France) un double CD LIVE exceptionnel intitulé " How Can I Sleep With Your Voice In My Head " qui démontre tout son talent musical.
Mais alors, pourquoi A-ha n'est-il pas un groupe reconnu en France comme il peut l'être en Allemagne ou dans d’autres pays ? Pourquoi en France le groupe a-t-il toujours cette étiquette de " Boys band " qui lui colle à la peau ?
l'avis de laurent labuche, auteur de la biographie "a-ha la verite sur un groupe de legende"

• En fait, A-ha a du survivre à une grave crise d'identité. De super musiciens à l’allure de " Boys band " ce qui leur a valu un parcours artistique mouvementé. "La Norvège est un pays si petit que pour vivre de la musique, un artiste doit s'exilerr", confie Paul Waaktaar-Savoy. "Nous avons très tôt décidé de partir pour l'Angleterre et d'élargir ainsi notre public potentiel. Plus que l'ambition de devenir des pop stars, c'est l'idée d'établir une vraie carrière qui nous a poussés à devenir très mainstream. Et c'est étrange, car ce choix musical était en réaction avec tout notre background. Avant a-ha, nous jouions dans un groupe qui s'apparentait aux Doors et à Joy Division, nos musiciens préférés. En arrivant à Londres, nous avons été séduits par le son des synthétiseurs, qui nous ont amenés vers un son très clinique et poli. Nous avons été séduits par la nouveauté. S'ajoute à cela le fait que nous aimons la compétition. Nous voulions prouver au monde que nous pouvions faire aussi bien que les musiciens qui squattaient alors les hit-parades. Nous avons été pris au piège du succès de notre premier album."

• En fait, le piège évoqué par Paul a surtout été le tube planétaire " Take on me " et son clip, révolutionnaire sur le plan technologique. Dans certains pays comme aux Etats-Unis, leur vidéo est sortie avant leur disque, ce qui est un phénomène assez particulier. A-ha dans ce sens est probablement le premier groupe lancé par son image et non par sa musique. Beaucoup de fan les trouvaient très mignons, s'intéressaient à leur look, à leur vie privée en oubliant finalement l'essentiel : leur musique ! En fait, A-ha est propulsé au top des hit-parades avant même d'avoir eu le temps de développer un véritable langage musical. "Combien de fois ai-je regretté l'existence même de ce clip. Il aurait dû accompagner notre troisième ou quatrième album..." déclare Paul Waaktaar-Savoy.

• Pendant ses premières années, A-ha apparaît en couverture de presque tous les magazines pour teenagers. Vendus comme les frères nordiques de Wham! ou de Bros, les trois musiciens donnent le change, jouent devant des foules de minettes énamourées. "Avec East of the Sun (1990) nous nous sommes débarrassés du public de boys band dont nous ne voulions plus et, avec l'album suivant Memorial Beach, tous nos autres fans nous ont quittés" précise Paul Waaktaar-Savoy en souriant. "En fait, nous sommes devenus underground avec le temps. Les critiques étaient très positives. Pourtant, nous nous sommes alors séparés: pour le grand public, a-ha était un groupe à tubes et mes deux comparses l'entendaient bien ainsi. Comme nous n'avions plus de hits, il valait mieux tout arrêter. J'ai créé mon propre groupe pour composer la musique que j'aimais vraiment. Mais, la boucle n'était pas bouclée: il fallait relancer a-ha, obtenir le statut de musiciens que nous méritions." Ce qui a été fait en 2000… (Source : Sky / Suisse).

• Par conséquent, il serait bien que l’image de A-ha auprès du public français change et évolue. Contrairement à ce que peuvent colporter certains medias, A-ha n’est pas un groupe « boyband » au sens péjoratif du terme. D’ailleurs, a-t-on déjà vu un " boysband " avec :
- De vrais instruments (guitares, claviers, batterie…) et de vrais musiciens ?
- Un chanteur avec une " vraie " voix ?
- Des textes intelligents écrits par ceux qui les chantent ?
- De vraies musiques composées par ceux qui les jouent ?
- De vrais fans fidèles au groupe depuis près de 20 ans ?

• Evidemment, non ! C’est pourquoi, dire que A-ha est un « boysband » frise la mauvaise foi et le ridicule. Le mieux finalement est de se faire sa propre opinion en oubliant quelques instants " Take on me " et en écoutant leurs autres chansons. Voici quelques titres à découvrir ou à redécouvrir qui vous permettront de vous faire une toute autre opinion du groupe :
- Album Hunting high and low (Warner Bros Records 1985) The sun always shines on T.V. (Waaktar)
- Album Scoundrel days (Warner Bros Records 1986) Scoundrel days (Furuholmen/Waaktar) The swing of things (Waaktar) I`ve been loosing you (Waaktar)Manhattan skyline (Furuholmen/Waaktar)
- Album Stay on these roads (Warner Bros Records 1988) Stay on these roads (Harket/Furuholmen/Waktaar) Hurry home (Furuholmen/Waaktar) et Out of blue comes green (Waaktar)
- Album East of the sun,west of the moon (Warner Bros Records 1990) East of the sun (Waaktar), Sycamore leaves (Waaktar), Cold river (P.Waaktar/L.Savoy), Rolling thunder (Waaktar/Furuholmen), (Seemingly) Nonstop july (Waaktar)
- Album Memorial beach (Warner Bros Records 1993) Dark is the night for all (Waaktar), Cold as stone (Waaktar), Angel in the snow (Waaktar), Locust (Waaktar), Between your mama and yourself (Waaktar), Memorial beach (Waaktar)
- Album Minor earth,major sky (Warner Germany 2000) Minor earth,major sky (Furuholmen/Waaktar-Savoy), Velvet (L.Savoy/P.Waaktar-Savoy), Thought that it was you (Harket/Olsen), You`ll never get over me (Waaktar-Savoy), Mary Ellen makes the moment count (Waaktar-Savoy)
- Album Lifelines (Warner Germany 2002) Lifelines, You Wanted More, Did Anyone Approach You?, Oranges On Appletrees, A Little Bit, Less Than Pure
- Et le dernier album en date (2005) Analogue !

• Evidemment, cette liste est loin d'être exhaustive et les autres chansons de A-ha sont également à découvrir (Plus de 80 chansons au total). Sans oublier les 20 titres exceptionnels issus de leur dernier CD LIVE…

Article écrit par Laurent LABUCHE
Résumé du livre « A-ha, la vérité sur un groupe de légende » sorti en mars 2003 aux éditions Publibook.