THE BESNARD LAKES
"The Besnard lakes are the dark horse"
Cela se passe à Montréal, Canada, pays où Arcade Fire, The Dears, Godspeed You Black Emperor et consorts s’amusent à défier les lois de la gravité universelle. Ça aurait pu tout aussi bien se passer sur la lune ou sur Mars. Loin du monde des hommes en tout cas. Une country spatiale. Rencontre rock psychédélique du troisième type. Voilà dans quelle sphère se situe The Besnard Lakes, groupe qu’on imagine exempt d’image et de personnel immuable sur son premier album “Are The Dark Horse”. Groupe sombre et prophétisant la mort, le meurtre et l’apocalypse plus d’une fois. Pas pour rien qu’on entend chanté ici sur un mode naïf évoquant les Beach Boys de “Surf’s Up” des phrases aussi glaçantes que : “Le désastre est dans leur tête... S’ils peuvent te faire basculer de leur côté !” Plus loin, dans cette comptine ouatée à la Julee Cruise qu’est “Because Tonight”, c’est un tout aussi encourageant “Parce que ce soir, quand chacun sera rentré chez soi, tu saisiras le couteau pour satisfaire tes besoins les plus sombres...”. Le David Lynch de “Lost Highway” et “Twin Peaks” adorerait. The Besnard Lakes est un groupe ami, surtout. Ceci avant toute chose car la formation emmenée par le couple Olga Goreas (voix cotonneuse et narcotique à la Hope Sandoval de Mazzy Star) et Jace Lasek (qui a dû beaucoup voyager dans sa tête avec ses disques de Pink Floyd) a sorti un grand disque. Un vrai. Un album empruntant la forme du shoot de morphine pour traverser un paysage urbain et du trip contemplatif et écolo à contempler béatement les grandes plaines désertiques. Les huit longs titres formant l’ossature de “Are The Dark Horse” recyclent une certaine tradition sonique déjà bien balisée. Les marottes rock des Besnard Lakes sont identifiables. Les guitares pleines de distorsions et de larmes de Neil Young et de son Crazy Horse. Les chœurs angéliques des Beach Boys (l’immense “Disaster”) qui précèdent une déchirure de violons aux allures psychokiller. L’hypnotisme drogué jusqu’à la dernière veine de Spacemen 3 et du Velvet Underground période “Sister Ray” (“Devastation”). La neurasthénie d’une certaine école de la néo-country américaine (“For Agent 13”). Le shoegazzing de Ride et My Bloody Valentine également. Pourtant, il existe une différence notable avec le tout venant des sorties discographiques auxquelles on est chaque mois confronté : ces chansons exposent un petit catalogue des névroses humaines mais avec un langage extraterrestre. Comme avant lui Mercury Rev, les oubliés Labradford ou, plus récemment, The Warlocks, le disque des Besnard Lakes flotte en apesanteur entre noisy, psychédélisme et folk de bastringue. Trop bizarre, trop désuet, trop érudit ou trop engourdi pour qui aime un rock simple, mais foncièrement honnête dans sa quête de l’électricité comme unique sensation primitive. Un pied sur terre et l’œil fixé au télescope. Le jour où on enverra une navette à la découverte de galaxies non référencées, “Are The Dark Horse” servira d’idéal compagnon de voyage.
Source : ROCK N FOLK de mars 2007
Pour écouter http://www.myspace.com/thebesnardlakes
Site officiel : http://www.thebesnardlakes.com
Moi je trouve ce groupe génial, un mélange de country et de rock progressif à la Pink floyd ou si vous préférez un mélange de Arcade fire, Broken social scene et Architecture in Helsinki pour ceux qui connaissent.
THE BESNARD LAKES
Modérateurs : Sandrine-UK, sebastien, Laurent, Laetitia, Pierre S, Francois
